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Une brève histoire de la haute-fidélité

Dernière mise à jour : nov. 5

Le terme anglophone « High Fidelity » - « haute-fidélité » en français - est censé indiquer que le matériel paré de cette qualification offre une reproduction sonore conforme au son original enregistré et est donc d’une qualité supérieure aux équipements courants, notion bien subjective on en conviendra…


Les grands pionniers : le développement de la radio et du cinéma parlant.


On fait généralement remonter l’histoire de la Hifi à l’invention de l’Audion par Lee De Forest ingénieur chez Bell Labs en 1906. C’est le premier tube triode de l’histoire qui a permis de réaliser des amplificateurs.

Triode
Audion Lee Forest

Pour les hauts parleurs, les premiers brevets remontent au XIXe siècle : Ernst Wermer (Siemens, Allemagne) le 14 décembre 1877 et sir Oliver Lodge (G.B.) le 27 avril 1898. Mais il n’existait pas à l’époque de source électrique qui aurait permis un fonctionnement de l’appareil. En 1924, Chester W. Rice et Edward W. Kellog, de la General Electric (USA), déposent un brevet pour un modèle de haut-parleur à bobine mobile et construisent dans un même temps un amplificateur capable de fournir une puissance de 1 watt à leur dispositif.

Tout est alors en place et la radio va se démocratiser elle trônera bientôt dans chaque foyer. Les familles se réunissent autour du « poste » pour écouter les informations mais aussi les premiers concerts diffusés en direct.

En 1927 sort le premier film parlant : Le chanteur de Jazz. Le développement rapide du cinéma crée un besoin pour des systèmes de reproductions sonores toujours plus efficaces. C’est l’apparition et le développement rapide de sociétés qui aujourd’hui encore font partie du panthéon de la hifi : RCA fondé par General Electric en 1919, Bell labs en1925, Lansing fondé par James Bullough LANSING en 1927, Altec fondé en 1938 par Western Electric et en Europe Klangfilm fondée en 1928 par Siemens et AEG.


Klang Film
Klang Film

L’âge d’or de la haute-fidélité : tous les foyers s’équipent.


En 1946, la Columbia Records dépose un brevet aux États-Unis pour un disque plat en polychlorure de vinyle, c’est le début du microsillon LP qui va rapidement se développer. En 1954 la norme RIAA (Recording Industry Association of America) voit le jour, et devient de fait un standard encore utilisé aujourd’hui. C’est le début de ce que l’on a coutume d’appeler l’âge d’or de la haute-fidélité.


Vinyl RIAA
RIAA curve

Il faudra attendre les années 60, pour que le transistor inventé 1948 dans les Laboratoires Bell commencent à remplacer les tubes. Il devient plus facile d’obtenir des puissances élevées, on peut alors faire des enceintes plus logeables à plus faible rendement.

Les chaines haute-fidélités jusqu’à la fin des années 80 sont vendues en masse. Elles sont présentes dans tous les foyers et deviennent même un marqueur social ; on montre fièrement sa nouvelle acquisition et l’on se gargarise des performances techniques : puissance, nombre de voies…. La production est industrielle, la concurrence entre les marques féroces et les prix abordables.

Graduellement les nouveaux appareils de loisirs numériques vont se substituer à la haute-fidélité (ordinateurs personnels, téléphone portable, écran plat etc….)

L’industrie de la haute-fidélité va essayer de s’adapter en lançant le home cinéma, mais force est de constater qu’il ne rencontrera pas le succès escompté, même si certains amateurs continuent de s’équiper de matériel dédié.

En parallèle, au début des années 70, des entrepreneurs indépendants (Bill Johnson, Mark Levinson..) développent des appareils sans compromis. C’est le début du High-End ou la priorité n’est plus les performances mesurées (niveau de distorsion, ratio signal bruit..) mais la qualité avérée de la restitution sonore.


Audio Research SP10



En route vers le 21ème siècle : l’ère du mobile et du numérique


Sur le marché grand public en 1970, c’est l’apparition du Walkman qui permet une écoute nomade et ouvre un nouveau segment de marché.

En 1982 Philips et Sony commercialisent le premier lecteur CD, sensé remplacer le vinyle : il va connaitre un succès fulgurant et ce malgré une qualité sonore discutable (ne serait ce qu’en raison de la mauvaise qualité des premiers CD).

En 1995, le brevet du MP3 est déposé, c’est le début de l’essor de la musique dématérialisée qui va rapidement se démocratiser.

Ou en est-on aujourd’hui ? Contrairement à une opinion répandue, le marché global des appareils audio se porte bien (13.7 Milliards de dollars) et continue de se développer avec une croissance annuelle d’un peu plus de 5%. La croissance est tirée par le développement des appareils portables, du sans fil et d’une intégration de plus en plus en forte aux autres appareils de loisirs numériques, mais est-ce encore de la haute-fidélité au sens stricte ?

On a affaire à un marché qui s’est segmenté, avec d’un coté les appareils de loisirs sonores portables connectés souvent de qualité médiocre, de l’autre un marché high-end qui s’est transformé en une industrie de luxe avec des prix qui les rendent inaccessibles à une très grande majorité.

Mais restons cependant optimistes : on observe actuellement un retour d’intérêt pour « le beau son », avec des casques haut de gamme, un retour des platines vinyles, un intérêt redoublé pour les équipements vintage de qualité, et des appareils numériques avec une restitution sonore de qualité… Bref, la haute-fidélité n’est pas morte, et gageons que l’avenir nous réservera encore bien des surprises.


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